Cohabiter avec l’anxiété de nos enfants

Peu importe notre âge, notre sexe, notre bagage… Nous vivrons tous au moins une fois dans notre vie l’expérience de l’anxiété. Eh oui, malheureusement! Celle-ci peut se traduire par un moment stressant, par exemple un examen important, ou encore à travers une charge émotive élevée. À l’âge adulte, même si ça demeure difficile, nous sommes généralement en mesure d’aller chercher les bons outils pour nous aider à mieux gérer cet aspect de notre vie. Pour nos tout-petits qui vivent aussi avec l’anxiété, c’est un peu différent. La cohabitation s’avère encore plus complexe!

Comment parent, nous avons parfois tendance à minimiser en quelque sorte les angoisses de nos enfants. Moi la première, je suis coupable! Mini refuse d’aller jouer dans les jeux car il y a des amis qu’il ne connaît pas? Voyons, tu vas les connaître! Vas-y, il n’y a rien là! 

Et si mon enfant vivait réellement de l’anxiété par rapport aux inconnus? 

Comme parent, c’est difficile de voir son enfant vivre du stress ou de l’anxiété. On voudrait tellement que ce soit plus facile pour lui! Même si nos enfants vivent les événements et leurs émotions à leur échelle, ça ne veut pas surtout dire que l’anxiété et ses répercussions sont moins importantes ou moins difficiles. Simplement, elle se manifeste non seulement par des symptômes physiques, mais aussi, souvent, par des comportements.

En tant que parents, on doit les accompagner dans ce cheminement et les aider à passer par-dessus l’anxiété, tout en s’assurant de ne pas invalider leur sentiment. Oui, c’est tout un contrat!

La différence entre stress et anxiété 

Tout d’abord, démystifions l’anxiété. En quoi est-elle différente du stress? 

Le stress, c’est une émotion dans l’ici et maintenant. Par exemple, si je vois un ours lors de ma balade dans la forêt, j’ai peur et je vis un immense stress immédiat. Dans cette situation, le stress permet à mon corps de réagir et à mon cerveau de prendre la meilleure décision possible (dans les circonstances) pour sauver ma peau. 

L’anxiété consiste plutôt à anticiper un stress ou un scénario. Lorsque nous sommes anxieux, on projette quelque chose qui pourrait arriver dans le futur, ce qui n’est pas fiable à 100%. En fait, nous n’avons aucune idée de ce qui va se passer, mais nous prévoyons déjà le pire. Plus notre façon d’anticiper les scénarios devient importante, plus ça peut éventuellement se traduire par un trouble d’anxiété généralisé. 

Les causes de l’anxiété chez l’enfant

Ce n’est pas parce que nos tout-petits n’ont pas les responsabilités des adultes qu’ils ne peuvent pas vivre des moments d’anxiété. Puisqu’ils sont des petits êtres extrêmement sensibles, de nombreuses causes sont possibles à l’anxiété : tensions à la maison, changement d’environnement, nouvelles rencontres, pression de performance… Et peu importe la cause, il est important d’arrêter de culpabiliser en tant que parent. Nous ne pouvons pas être parfaits 100% du temps, et nous ne pourrons jamais mettre nos petits à l’abri du monde extérieur!

D’ailleurs, l’anxiété se manifeste parfois différemment chez les enfants. Certains arrivent à exprimer leur ressenti verbalement, alors que d’autres non. Plusieurs comportements peuvent être liés à l’anxiété, comme l’isolement, les crises, la violence envers les autres. Tout ça peut témoigner de l’anxiété!

Alors, comment aider notre enfant à comprendre ce qui se passe dans son corps et dans son cœur? 

Les premiers pas pour mieux gérer l’anxiété

Enfants comme adultes, la gestion de l’anxiété passe par la découverte de sa cause profonde. Quel événement précis ou situation fait en sorte que notre corps réagit? Qu’est-ce que nous anticipons tellement? Il faut absolument découvrir la cause et reconnaître son effet sur nous. 

Quand mon coco de 5 ans a refusé de se rendre à l’école le premier jour, malgré toute la hâte et l’excitation qu’il ressentait ce matin-là, j’ai commencé par lui faire observer ses ressentis. Observer les symptômes, les accueillir et les valider est effectivement une bonne première étape. Le but n’est pas de culpabiliser l’enfant, mais de le mettre en action!

Quel serait le pire scénario? Comme l’anxiété consiste à anticiper ce qui pourrait arriver, j’aime nommer à haute voix ce qui me fait le plus peur. Très souvent, le pire scénario n’est pas une question de vie ou de mort… Même si ça demeure angoissant, cela permet de relativiser en douceur. 

Ensuite, on transforme nos paroles et nos pensées en mots bienveillants. C’est la base de l’estime de soi et de la confiance. Nos enfants nous observent constamment. Ils apprennent de nos moindres gestes (ou absence de gestes), et les reproduisent à leur tour. Et si on se permettait de belles paroles d’encouragement, d’amour et de tendresse envers soi? 

Développer des compétences pour prendre soin de soi n’est pas réservé qu’aux adultes. Même les enfants de 3 ans peuvent devenir plus responsables et apprendre à favoriser leur bien-être un pas à la fois. S’ils sont accompagnés dans cette démarche, ils développeront assurément des outils pour toute la vie. 

La fameuse pression parentale… On en fait quoi?

On se met beaucoup de pression comme parent pour que nos enfants agissent de telle ou telle façon, ou pour que tout se passe bien à l’école comme à la maison. Mais les enfants, comme nous, ont aussi des émotions et vivent des journées plus difficiles. 

Bien souvent, nos tout-petits retiennent toute la journée leurs émotions et les déversent comme un torrent à la maison le soir venu. C’est normal! Ils ont retenu leur charge émotive toute la journée dans un environnement plus formel, et ont besoin de s’en libérer là où ils se sentent aimés inconditionnellement : à la maison! Et quand ça ne se passe pas bien à l’école ou à la garderie, on se demande ce qu’on aurait dû faire ou ne pas faire… 

Sauf que cette pression qu’on se met comme parent augmente notre propre anxiété, qu’on transmet ensuite à nos tout-petits sans même nous en apercevoir. Et c’est un cercle vicieux! Moi aussi, j’aimerais que ce soit facile tout le temps. Que mes enfants ne fassent pas de crise. Qu’ils réussissent tout ce qu’ils entreprennent. Qu’ils veulent aller à l’école tous les matins avec enthousiasme et qu’ils écoutent les consignes. 

Disclaimer : ça ne se passe pas toujours comme prévu!

Le fameux lâcher-prise, pas facile de l’apprivoiser. Je m’entraîne chaque jour à dédramatiser les situations. J’accueille le plus possible, sans jugement (surtout envers moi, c’est ça le vrai défi!). Quand je me trompe, je m’excuse. Aussi souvent que nécessaire. 

Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer l’effet de chaque petit geste bienveillant. Ils apprennent à nos enfants l’art d’être doux avec soi-même en toute circonstance. Il n’y a évidemment pas de solution miracle à l’anxiété, mais ça se travaille au quotidien. À travers nos mille et une obligations et le rythme de vie de la société actuelle, c’est normal que l’anxiété collective nous gagne de temps à autre. 

Mais au fond, l’anxiété sert de guide à nos émotions et notre corps. Sa présence nous indique qu’il est temps de prendre soin de soi, de ralentir. Si on l’accueille comme il se doit, elle peut aussi devenir une amie qui nous amène à aller mieux, éventuellement. 

Si tu as envie de ralentir et de prendre soin de toi, ou encore si tu veux aider ton enfant à calmer son esprit agité, nous avons créé des programmes pour y arriver en douceur. Je t’invite à les découvrir par ici!

Marie-Claude Doyon

Marie-Claude Doyon

Rédactrice, traductrice et linguiste de formation, j’ai officiellement lancé ma première entreprise en 2018. C’est l’amour des mots qui m’a poussée à créer Rédac-Plus. Mais à force d’écrire pour les autres, j’ai aussi eu envie d’expérimenter ma créativité différemment. Inspirée par le féminin sacré et le désir de vivre dans l’ici et maintenant, je me suis formée à l’enseignement du yoga et de la méditation. Maman de deux p’tits loups et sorcière à mes heures, je poursuis mon chemin vers le slowpreneuriat une journée à la fois.

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